Positionnement de la femme au sommet de l’Etat : Encore du chemin à faire

04/01/2017 15:58Comments Off on Positionnement de la femme au sommet de l’Etat : Encore du chemin à faire

L’avènement de la femme à la tête de l’Etat au Bénin reste un vœu depuis bien longtemps avec l’ambition nourrie par Me Marie-Elise Gbèdo. Mais l’échec connu lors de la présidentielle du 6 mars par cette dernière et Elisabeth Agbossaga semble plomber davantage les espoirs.

Elisabeth Agbossaga

Elisabeth Agbossaga

Le Bénin connaîtra-t-il un jour sa Margareth Tchatcher ou sa Benazir Boutho ? Peut-être pas de sitôt si l’on s’en tient encore à la dernière présidentielle. Deux au départ à se lancer dans la course à la magistrature suprême, aucune des candidates engagées n’a figuré dans le peloton de tête pour entretenir l’espoir au sein de la gent féminine. Elisabeth Agbossaga et Me Marie-Elise Gbèdo n’ont pas fait mieux et donnent encore du grain à moudre aux irréductibles opposants à une quelconque politique de discrimination positive à l’égard de la femme. Au moment où l’on s’attendait à mieux de la part de l’ancienne ministre du Commerce sous Mathieu Kérékou et ministre de la Justice et garde des Sceaux dans le gouvernement de Boni Yayi, c’est plutôt sa sœur cadette, conseillère communale de la mairie de Bohicon, qui percera à l’issue des résultats mais avec un insignifiant pourcentage à déclencher l’ire. Mais là n’est point le problème à voir la situation de la femme dans les instances de prise de décision. La contre-performance de ces dames aussi dynamiques qu’ingénieuses dans leurs secteurs d’activités respectifs est bien symptomatique des difficultés de la femme à se hisser au sommet en dépit de ses qualités. Dans une société encore encline à voir la gent féminine jouer les seconds rôles, son positionnement reste un vœu pieux. Aux promesses chimériques de dirigeants politiques d’attribuer un certain quota à la gent féminine se sont ajoutées des initiatives d’appui à sa promotion dans les sphères de décision. Mais loin de la réalité le fossé se creuse davantage et la situation n’a guère évolué. Combien de fois n’a-t-on pas supputé autour du nombre de portefeuilles à octroyer aux femmes dans un gouvernement et quels débats n’a-t-on pas fait pour encourager la promotion des femmes dans les institutions de la République ? Mais aujourd’hui on est bien loin du compte avec la présence de trois femmes dans le gouvernement, de sept autres au parlement, de deux à la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication ainsi qu’à la Cour constitutionnelle et à la Haute cour de Justice avec en prime une femme à sa tête. Tout fait à attester d’une certaine réserve de la société béninoise à la voir diriger au haut niveau.
Face à tout ce tableau peu reluisant il importe de relancer le débat sur l’autonomisation des femmes et saisir l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme pour apprécier la pleine mesure du chemin parcouru par les femmes à travers le monde, et à apprécier les efforts engagés pour leur équilibre, leur épanouissement et celui de leurs familles, comme défendu à l’occasion de la 39ème édition de cette journée par la Première Dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara. Occasion d’en appeler à une prise de conscience des défis qu’il reste à relever, ainsi que des opportunités qui leur sont offertes pour se réaliser.

Par Kokouvi EKLOU

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