Boukoumbé : La cité des tatas ou la caverne d’Ali Baba

23/06/2015 05:52Comments Off on Boukoumbé : La cité des tatas ou la caverne d’Ali Baba

A 54 km de Natitingou, au nord-ouest du Bénin, Boukombé reste une commune aux potentialités touristiques immenses. Verdure luxuriante et relief pittoresque, la cité des tatas séduit par son panorama quoique son enclavement constitue un handicap.


Relief vallonné fait de collines, plateaux, plaines et bas-fonds dominés par la chaîne de montagne de l’Atacora, la commune de Boukombé constitue une attraction pour ceux qui foulent son sol.
A la poussière dantesque à affronter le long du trajet menant à la cité des tatas à quelques lieues de Natitingou, se présente un paysage d’une splendeur féérique à laquelle succombe tout visiteur. Un beau panorama qui dissipe toute l’épreuve subie sur la voie latéritique cabossée. Difficile de ne point s’extasier devant tant de phénomènes naturels bordés de diverses espèces végétales. Une végétation luxuriante que supplantent baobabs, rôniers et autres fromagers dont l’ombrage érafle ces habitations pittoresques appelées tatas. La cité des tatas ou des baobabs séduit par son architecture traditionnelle faite de tatas somba dispersés le long des villages la composant. Habitat typique, ces châteaux forts, caractéristiques du pays Otammari, confèrent à la commune toute son authenticité. En dépit de maisons construites en matériaux définitifs dans le centre-ville, l’habitat traditionnel reste prééminent même s’il convient de relever sa régression avec la propension des populations à disposer d’habitations modernes. Attraction touristique, les tatas demeurent pour la commune une richesse matérialisée aujourd’hui à travers la Maison des tatas érigée à Koussoucoingou, un de ses arrondissements. « Les tatas tiennent une place dans les habitudes du peuple Otammari. Aujourd’hui la poussée du modernisme tend à reléguer en milieu rural cet habitat mais ils n’ont pas complètement disparu de la ville. C’est dans ces tatas que se déroulent certaines cérémonies dont celles funèbres », éclaire Victor Agognon, secrétaire général par intérim de la mairie de Boukombé. Aussi est-il loisible de constater l’intrusion de ces habitations au milieu des maisons modernes.

Embellie touristique

La commune de Boukombé se singularise par son caractère rural avec une forte propension des populations à pratiquer l’agriculture et l’élevage. Plus grande productrice de fonio, céréale dont la valeur nutritive est très appréciée Boukombé est au cœur d’une grande célébration de ce produit vivrier. « Sa production depuis les semis, le dessouchage, le battage, le vannage jusqu’au décorticage est intéressante et fait l’objet de divers rites et cérémonies qui ne manquent pas de susciter la curiosité des étrangers », note Patient Ganaba, directeur d’école. Un fait culturel fort apprécié dans la localité autant que les sites panoramiques.
Caractérisée par une urbanisation bien sobre avec des quartiers peu carrossables, la commune de Boukombé reste une attraction touristique à travers ses tatas connus à travers le monde entier. Ils constituent à eux seuls la deuxième attraction dans le nord du Bénin. Dans tous les villages aussi bien sur les flancs des collines que dans la plaine, cet habitat demeure un objet de curiosité autant que les sites panoramiques de Koussoucoingou, les chutes d’eau de Konsanra dans le village de Kounacogou et dans la montagne de Tachadiéta, la piscine naturelle de Kounagnigou, la mare à caïman de Koumagou et les collines «Tchindaani » de Koutchatié. Dans cette palette de sites touristiques d’envergure qui font de la commune une véritable caverne d’Ali Baba se distinguent le cimetière au flanc de la montagne et les failles de Dipokor et de Kouya. Situé au pied de la montagne de Korontière et tout près du marché de la localité, le cimetière abrite les tombes des personnes qui décèdent le jour d’animation du marché de la localité. Ces derniers sont considérés comme des braves.
En dépit de ces atouts naturels et culturels, le tourisme reste plombé par une insuffisance d’infrastructures d’accueil de grand standing. Les hôtels et restaurants existants peinent à répondre aux attentes d’occidentaux en visite. Ce qui en fait une destination de transit pour ces voyageurs à la découverte de merveilles de la nature.

Par Kokouvi Eklou

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